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Agenda Guadeloupe

Fêtes patronales en Guadeloupe : le calendrier commune par commune

Chaque commune de l'archipel honore une fois par an le saint patron de son église : messe solennelle, défilé officiel, gerbes au monument aux morts, puis plusieurs jours de bals, de léwòz et de compétitions de bœufs tirants. Les dates suivent le calendrier liturgique, pas celui des vacances. Voici les repères mois par mois, et pourquoi la date exacte se vérifie toujours auprès de la mairie.

Défilé officiel dans une rue de bourg : fanfare, majorettes et élus en écharpe devant les habitants
Le défilé protocolaire du dimanche, de l'église à la mairie, ouvre la journée officielle de la fête patronale.

Ce qu'une fête patronale célèbre vraiment

Chaque commune honore une fois par an le saint patron de son église paroissiale. Ce n'est pas une animation montée pour les visiteurs : c'est le jour où le bourg se rassemble autour de son église, de sa mairie et de son comité des fêtes, avec une messe solennelle, un défilé officiel et plusieurs soirées. La date découle du calendrier liturgique, pas d'une décision touristique, et l'essentiel de la fête se joue entre habitants.

Le nom varie d'une commune à l'autre. Gourbeyre parle de fête communale, Le Moule annonce Le Moule en fête, Morne-à-l'Eau Morne-à-l'Eau en fête, Deshaies Festi d'haies, Port-Louis Fèt Pòlwi. Derrière ces appellations, le même socle : un saint de paroisse, une journée officielle avec les élus, et un programme d'animations étalé sur plusieurs jours autour de cette date.

Toutes les communes ne suivent pas le même usage. Pointe-à-Pitre, par exemple, ne tient pas de fête patronale municipale : la paroisse y célèbre bien la Saint-Pierre-et-Saint-Paul le 29 juin, mais la grande fête populaire de la ville reste celle des cuisinières, en août. À Basse-Terre, le rendez-vous collectif est la fête du Carmel, en juillet, autour de Notre-Dame du Mont-Carmel.

Fidèles debout dans les bancs d'une église de bourg pendant la messe solennelle du saint patron
La messe solennelle du saint patron occupe le début de la matinée officielle, avant le défilé et les gerbes.

Pourquoi la date change d'une année sur l'autre

Le jour du saint est fixe : la Sainte-Anne tombe le 26 juillet, la Saint-Jean le 24 juin, la Saint-Charles-Borromée le 4 novembre, la Saint-André le 30 novembre. Ce qui bouge, c'est la journée officielle. Les municipalités la placent presque toujours un dimanche, pour que la messe, le défilé et les gerbes rassemblent le plus de monde. Une fête dont le saint tombe en semaine se déroule donc le week-end d'avant ou celui d'après.

La durée varie dans des proportions étonnantes. En 2026, Petit-Bourg a programmé sa fête du 5 au 16 août, Le Gosier du 7 au 24 août, Saint-François du 2 au 31 octobre. Aux Abymes, l'édition 2025 s'est étalée du 23 novembre au 28 décembre, quartier par quartier. D'autres communes tiennent quatre ou cinq jours, comme Baillif, du 5 au 9 août 2026.

Les mairies publient leur programme quelques semaines avant, sous forme d'affiche, de PDF ou de brochure feuilletable, et le modifient parfois au dernier moment. Une édition peut aussi être annulée, comme à Port-Louis en 2025. La règle pratique est donc simple : le saint donne le mois, jamais le jour exact, et seule la publication de la mairie fait foi.

Mai et juin : saints Philippe et Jacques, puis la Saint-Jean

À Petit-Canal, la fête s'ouvre sur les saints Philippe et Jacques, le 3 mai, et occupe ensuite tout le mois avec le Grand Festival Culturel Canalien. Le programme 2026 publié par la mairie allait du 1er au 27 mai : messe des saints patrons en début de mois, grand prix de bœufs tirants à Gropio Sainte-Amélie, parade des quadrilleurs, puis festival Mémoires vivantes an nou aux Marches des Esclaves en clôture.

Le 24 juin, la Saint-Jean-Baptiste structure au moins deux communes. À Baie-Mahault, l'église est dédiée à saint Jean-Baptiste : bûcher de la Saint-Jean, messe, grand prix cycliste, léwòz et ronde des quadrilleurs, puis fêtes des sections à Budan, Calvaire et Bragelogne jusqu'à la fin juillet. Au Moule, le feu de la Saint-Jean est béni place de la Liberté, en ouverture d'un Le Moule en fête qui court jusqu'à la fin août.

Le Lamentin célèbre sa paroisse Sainte-Trinité en juin, sur des dates qui glissent d'une année sur l'autre : du 7 au 15 juin en 2025, avec un bal public de clôture sur le square de la mairie. À Vieux-Habitants, c'est le Mai Habissois qui occupe tout le mois, avec concerts, rencontres sportives et visites d'habitations caféières ; la fête de l'église Saint-Joseph, elle, n'a pas de date publiée.

Deux bœufs attelés à un joug de bois tirent une charge devant un public familial
Les compétitions de bœufs tirants, souvent doublées d'un concours de cabris tirants, sont le rendez-vous sportif des fêtes patronales.

Fin juin et juillet : Saint-Pierre, la Visitation, la Sainte-Anne

Le 29 juin, la Saint-Pierre-et-Saint-Paul est la fête de Deshaies, qui la décline sous le nom de Festi d'haies de la fin juin au début juillet, avec ateliers culinaires et cérémonie officielle un dimanche : en 2026, celle-ci s'est tenue le 5 juillet. La même date ouvre la messe de la paroisse de Pointe-à-Pitre, sans fête municipale derrière.

Début juillet, Port-Louis honore Notre-Dame de la Visitation, le 2 juillet, sous le nom de Fèt Pòlwi. L'édition 2025 a été annulée et la mairie n'avait pas confirmé de dates pour 2026 au moment de la rédaction. C'est le cas typique d'une fête qu'il faut vérifier avant de réserver un déplacement : le saint est certain, le programme ne l'est pas.

Le 26 juillet, la Sainte-Anne rassemble trois communes. À Sainte-Anne, le cortège officiel défile dans le bourg et la soirée se termine par un podium sur l'esplanade de la mairie, au cœur du mois d'animations Juillet à Sainte-Anne. À Goyave, la journée officielle s'accompagne d'un défilé de mode des couturières de la commune et d'un rallye des sections en août. À Capesterre-de-Marie-Galante, la messe de Sainte-Anne est suivie d'une procession à la grotte, puis de quadrilles place Félix-Éboué.

Août, première quinzaine : Baillif, Petit-Bourg et le 15 août

Baillif ouvre le mois avec saint Dominique, le 8 août. En 2026, la fête a duré du 5 au 9 août et a commencé par la réception des bacheliers de la commune. Le passage du Tour de la Guadeloupe, des spectacles, une exposition et une parade patrimoniale ont rempli les jours suivants, jusqu'à la messe solennelle, le défilé officiel, les hommages au monument aux morts et la soirée musicale du dimanche.

Le 15 août, l'Assomption fixe la journée officielle de Petit-Bourg, qui a programmé sa fête du 5 au 16 août 2026 sous le thème de la biodiversité, en partenariat avec le Parc national. Au programme : Gran Léwoz, élection de Miss Petit-Bourg, compétitions de bœufs et de cabris tirants, gerbe devant le buste de Louis Delgrès, vin d'honneur. La mairie a réparti les animations dans les quartiers pour tenir compte des échouements de sargasses.

Toujours autour du 15 août : Trois-Rivières tient sa fête communale dans la première quinzaine, avec une messe des marins et une gerbe au Mémorial de la Dissidence ; Terre-de-Haut programme plusieurs jours autour de l'Assomption, du 14 au 17 août en 2026. À Marie-Galante, Grand-Bourg fait défiler le conseil municipal de la mairie à l'église, organise des promenades en charrettes à bœufs, un concours du plus beau cabri et un bal de quadrille.

Capesterre-Belle-Eau suit son propre calendrier : la paroisse est dédiée à saint Hyacinthe, et la journée officielle tombe le 17 août, avec messe, gerbes au monument aux morts et défilé de fanfares et de majorettes. En 2026, la commune a annulé les festivités prévues après un drame survenu le 1er juillet, en maintenant la seule journée officielle.

Août, seconde quinzaine : de Sainte-Rose au Gosier

Le 23 août, Sainte-Rose honore sainte Rose de Lima sur la semaine qui s'achève autour de cette date. La Parade des lumières de la mer, procession nocturne des marins-pêcheurs, précède les messes solennelles, la course de bœufs tirants du dimanche matin, le défilé, la grande parade, le feu d'artifice et le léwòz.

Le Gosier place sa fête patronale sous saint Louis, le 25 août, avec une cérémonie officielle le dimanche le plus proche. En 2026, elle a couru du 7 au 24 août dans le cadre de Vakans O Gozyé, sur le thème Tout moun sé moun, avec une exposition de photographies d'Adolphe Catan prêtée par les Archives départementales, un grand prix de bœufs tirants à Port-Blanc et la fête des marins-pêcheurs à Saint-Félix.

Saint-Claude réserve une surprise aux visiteurs : sa fête ne suit pas la Saint-Claude mais la Saint-Augustin, le 28 août, parce que l'église porte le nom de saint Augustin. L'édition 2026 s'est tenue les 22 et 23 août, avec des soirées de concerts sur le parking de l'hôtel de ville et un feu d'artifice de clôture.

Vieux-Fort, dont l'église est dédiée à saint Albert, ouvre sa fête dès la fin juillet : en 2026, du 29 juillet au 11 août. Le programme mêle retraite aux flambeaux, concours de pêche de nuit, majorettes et fanfare le dimanche, messe solennelle, exposition de broderie, fête de la mer avec gerbes lancées à l'anse Dupuy et fête de la Rigolette avec mât de cocagne et course en sac.

Octobre et novembre : Saint-François, Saint-Denis, Saint-Charles

Saint-François fête son patron le 4 octobre, avec la cérémonie protocolaire sur la place de l'église. En 2026, la fête s'est étendue sur tout le mois d'octobre et s'est accompagnée de la fête des Raisins clairs, avec veillée aux flambeaux, village des douceurs et podium live.

Anse-Bertrand honore saint Denis le 9 octobre, en trois temps : Campêche, le Bourg autour du 9, puis Guéry. Le programme comprend un défilé officiel, une course de canots à voile traditionnels à Ravine Sable, une messe des marins-pêcheurs avec gerbe déposée en mer, une retraite aux flambeaux, des balades en charrettes à bœufs et des compétitions de bœufs tirants.

Gourbeyre fête saint Charles Borromée, le 4 novembre. En 2025, la fête communale a duré du 6 au 14 novembre, avec la cérémonie officielle le dimanche 9 : messe solennelle à 8h30 dans l'église Saint-Charles-Borromée, défilé protocolaire de l'église à l'hôtel de ville, gerbes au monument aux morts, allocutions, puis podium à 18h30. Le léwòz de clôture, le vendredi 14, rendait hommage au tambour Ti Céleste pour ses quatre-vingts ans.

Morne-à-l'Eau termine novembre avec la Saint-André, le 30 novembre, du nom de son église, sous l'enseigne Morne-à-l'Eau en fête. La commune n'avait pas publié d'édition récente au moment de la rédaction : la date du saint reste ici le seul repère fiable.

Décembre : l'Immaculée Conception aux Abymes

Aux Abymes, la fête patronale suit l'Immaculée Conception, le 8 décembre, mais elle ne se limite pas à une journée. L'édition 2025 a couru du 23 novembre au 28 décembre : une neuvaine, puis la messe solennelle autour du 8, et cinq semaines d'animations réparties dans les quartiers. C'est la plus longue du calendrier communal.

L'intérêt d'une fête étalée est simple : chaque quartier a son jour, ses stands et son podium, et les habitants n'ont pas besoin de traverser la commune pour participer. Pour un visiteur, cela change la façon de venir : demander le programme plutôt que se présenter au bourg un dimanche au hasard, car la journée officielle ne résume qu'une petite part de la fête.

Le dimanche officiel, heure par heure

Le programme de Gourbeyre donne le déroulé le plus lisible d'un dimanche officiel. Messe solennelle à 8h30 dans l'église du saint patron, défilé protocolaire à 9h30 de l'église à l'hôtel de ville, dépôt de gerbes au monument aux morts à 10 heures, allocutions en salle des fêtes à 10h15. La matinée est protocolaire, réglée à la minute, et se déroule dans un périmètre fermé à la circulation.

L'après-midi et la soirée appartiennent aux animations : séquence an tan lontan avec concours de chant, de blague et de danse, ouverture du podium à 19 heures, plateau artistique puis bal. Les jours précédents sont occupés par les villages associatifs, les expositions, les compétitions de bœufs et de cabris tirants, les courses cyclistes et les léwòz.

Conséquence pratique : la journée officielle est le moment où la commune est la plus dense, avec circulation modifiée et parkings saturés. Les processions, défilés et cérémonies sont ouverts à tous, sans billet ; les soirées sur podium, elles, sont annoncées au cas par cas dans le programme de chaque mairie.

Où trouver la date exacte, et pourquoi nous ne la recopions pas

Aucun calendrier national ne recense les fêtes patronales. Chaque mairie publie le sien, souvent un mois avant, en affiche, en PDF ou en brochure feuilletable ; les comités des fêtes et les associations de quadrilleurs relaient l'information, et la presse locale reprend les programmes. C'est la seule source qui vaille, parce qu'elle seule peut annoncer un décalage ou une annulation.

Notre parti pris est donc de ne pas recopier les dates au jour près. Elles changent, se décalent d'un dimanche, s'étalent sur trois semaines ou s'annulent. Nous donnons le saint, le mois et le déroulé, et renvoyons vers les sources qui font foi : les publications des mairies, puis l'agenda tenu à jour du principal pour ce qui est daté.

Pour la semaine en cours, les concerts, les léwòz et les rendez-vous datés commune par commune, l'agenda des événements en Guadeloupe est mis à jour en continu. C'est là que se trouvent les programmes déposés par les organisateurs, les dates confirmées et les changements de dernière minute.

Sur guadeloupe.net : l'agenda tenu à jour des événements en Guadeloupe.

Ne pas confondre avec les fêtes de produit

Les fêtes de produit ne sont pas des fêtes patronales, même quand elles portent le nom d'une commune. La fête du crabe de Morne-à-l'Eau se tient le week-end de Pâques, entre Vieux-Bourg et la place Gerty-Archimède ; la Fèt a Kabrit de La Désirade suit le même week-end pascal ; la fête du ouassou anime Pointe-Noire, la fête du poisson Saint-François, le Mai Habissois Vieux-Habitants.

Le Moule en Héritage, de début janvier à début février, est une fête communale d'un autre type, tournée vers le patrimoine et les quartiers. Et la Fête des Cuisinières, le 10 août à Pointe-à-Pitre, n'est pas la fête patronale de la ville : c'est celle d'une association de femmes de cuisine, autour de saint Laurent, avec son propre défilé et son banquet.

Cette distinction compte pour qui veut assister à une vraie fête patronale : chercher fête de la commune plutôt que le nom d'un produit, et vérifier si la date annoncée correspond à un saint du calendrier ou à une récolte. Les deux se ressemblent par la musique et la nourriture, pas par le sens de la journée.