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Agenda Guadeloupe

Terre de Blues à Marie-Galante : le rendez-vous de mai

Terre de Blues n'a pas de date fixe : le festival de Marie-Galante est accroché à la Pentecôte, donc à Pâques, et se déplace chaque année entre la mi-mai et les tout premiers jours de juin. Ce qui ne bouge pas, c'est la structure du rendez-vous : deux scènes à Grand-Bourg, une île à traverser en bateau, des billets à prendre tôt et une nuit à prévoir sur place.

Scène de plein air devant les ruines d'une habitation sucrière, public debout face aux lumières
À Murat, la scène est dressée dans le décor d'une ancienne habitation sucrière.

Une date accrochée à la Pentecôte

Le festival est né en 2000 sous le nom de Créole Blues, à l'initiative de la communauté de communes de Marie-Galante et de son office de tourisme, avant de devenir Terre de Blues en 2005, à sa sixième édition. L'idée de départ tient en une phrase : relier trois Saint-Louis, celui du Mississippi où le blues s'est fixé dans les années 1930, celui du Sénégal qui porte l'ascendance africaine, et celui de Marie-Galante, créole, à quelques kilomètres de Grand-Bourg.

Depuis, le calendrier n'a pas changé de logique : le festival se cale sur la Pentecôte, donc sur Pâques. La Pentecôte tombe sept semaines après le dimanche de Pâques, ce qui place l'édition tantôt à la mi-mai, tantôt à la fin mai, parfois aux tout premiers jours de juin. Aucune date mémorisée d'une année sur l'autre ne tient donc : celle de l'an dernier ne dit rien de celle de l'an prochain, et il faut la lire sur l'agenda de l'année.

Cette mobilité a une conséquence immédiate sur les réservations. Bateau, hébergement et voiture se calent sur la date publiée, pas sur un week-end de mai choisi à l'avance. Après trois années sans festival, l'édition de 2023 a marqué le retour du rendez-vous, et l'île s'est remplie sur quatre jours comme avant. Sur un territoire de cette taille, l'anticipation n'est pas un conseil de prudence : c'est la condition pour dormir sur place.

Etals d'artisans et de cuisine creole sous des tonnelles colorées, en journee, dans une rue de bourg antillais
Le village artisanal occupe l'axe qui relie la gare maritime à l'église de Grand-Bourg.

Deux scènes, deux façons de vivre le festival

Les grands concerts se donnent à l'Habitation Murat, l'une des toutes premières habitations sucrières de la Guadeloupe, fondée au dix-septième siècle par un notaire champenois arrivé sur l'île en 1657. La maison néo-classique, longtemps la plus riche de Marie-Galante, abrite depuis 1978 le siège de l'écomusée. La scène est dressée dans ce décor, et le public y vient autant pour l'affiche que pour le lieu : les soirées payantes s'y enchaînent, tard, en plein air.

L'autre scène est celle du Village Caraïbes, le village artisanal installé sur l'axe qui va du parking de la gare maritime à la place de l'église de Grand-Bourg. Concerts gratuits, artisanat, restauration et animations de journée : c'est la partie sans billet du festival, la plus familiale, et la meilleure façon de voir ce que l'île produit. Les deux sites ne se fréquentent pas de la même manière, et beaucoup de visiteurs passent de l'un à l'autre dans la même journée.

Sur guadeloupe.net : Marie-Galante.

Un festival qui déborde des scènes

Terre de Blues ne se limite pas à deux sites. Les trois communes de l'île, Grand-Bourg, Capesterre et Saint-Louis, accueillent concerts et animations en parallèle, en journée comme en clôture ; le lundi de Pentecôte a déjà été organisé en concerts gratuits répartis dans les trois. S'y ajoutent les before et les after portés par les restaurants et les lieux de nuit de l'île, et une exposition d'art associée à chaque édition. Le festival se vit donc aussi hors des murs de Murat.

Il a également sa branche enfantine. A Ti Moun, créé en 2010, est construit tout au long de l'année avec les écoles et les cours de musique de l'île, puis donné pendant le festival : un spectacle où les enfants chantent avec leurs aînés. C'est un rendez-vous distinct des soirées de Murat, avec une vocation d'éveil musical, et il explique une partie du public qu'on croise dans le village en journée.

Sur guadeloupe.net : Grand-Bourg.

Embarcadere et bateau de passagers au depart d'un port antillais, mer turquoise et ciel charge
La traversee se reserve tot : les jours de festival sont les plus charges de l'année.

Traverser, dormir, repartir

Marie-Galante est à une trentaine de kilomètres de la Guadeloupe continentale, et on y arrive par la mer, depuis la gare maritime de Bergevin, côté Pointe-à-Pitre. Les rotations sont renforcées à l'occasion du festival, ce qui ne dispense pas de réserver : les quatre jours du rendez-vous sont ceux où l'île reçoit le plus de monde dans l'année. Une fois sur place, le déplacement se fait en voiture de location, en scooter ou à vélo selon ce qu'on veut couvrir.

Deux stratégies, qui n'ont ni le même coût ni le même confort. Dormir sur l'île, à Grand-Bourg ou dans une autre commune, permet de rentrer après le dernier concert sans surveiller l'heure ; les hébergements se remplissent des mois à l'avance sur cette période. Faire l'aller-retour depuis la Guadeloupe impose en revanche de tenir la dernière traversée de la soirée, donc de quitter Murat avant la fin de certains concerts, et de compter avec la fatigue du retour.

Sur l'île, la voiture reste le moyen le plus simple de relier Murat, le village et les plages. Les distances sont courtes, mais les routes sont étroites et sinueuses par endroits, et la nuit tombe tôt toute l'année. Un deux-roues suffit largement pour circuler dans Grand-Bourg en journée ; il ne remplace pas une voiture pour rentrer de Murat après minuit, surtout sous la pluie.

Billets, bracelets et règles d'accès

La billetterie distingue trois choses : le pass trois jours, les billets d'une soirée, et les concerts gratuits du Village Caraïbes. S'y ajoutent des tarifs réservés aux habitants de Marie-Galante et des tarifs réduits, vendus uniquement à l'office de tourisme de l'île et non en ligne : c'est une information à vérifier avant de conclure qu'on a le meilleur prix. Les montants changent d'une édition à l'autre et se lisent sur la billetterie officielle, jamais sur un ancien programme.

Deux règles concernent les familles. L'accès est interdit aux enfants de moins de 6 ans qui ne portent pas une protection auditive adaptée, et l'accompagnant majeur se voit refuser l'entrée si l'enfant n'est pas équipé : c'est une obligation de santé publique, pas une recommandation. Le reste des conditions, objets interdits, échange du billet contre un bracelet, accès des personnes à mobilité réduite, est publié dans les informations pratiques de chaque édition, et se lit avant de partir.

La vérification à faire avant de réserver

Trois informations périment vite : les dates, l'affiche et les tarifs. Les dates découlent de la Pentecôte et sont annoncées par l'organisation ; l'affiche se construit par annonces successives ; les catégories de billets bougent à chaque édition. La méthode consiste donc à vérifier l'année en cours sur le site du festival et sur l'agenda tenu à jour, plutôt qu'à recopier le programme d'une année précédente, qui circule encore longtemps après coup.

Un dernier repère de saison. La Pentecôte tombe à la charnière du carême et de l'hivernage : mai reste un mois de transition, avec des averses possibles et une mer qui peut se lever. Les concerts de Murat et les animations du village se donnent en plein air. Prévoir de quoi se protéger de la pluie, et garder une journée de marge avant le vol du retour, fait partie de la préparation autant que la réservation du bateau.